La fin d’un projet …

MarieMulisha3.0 (MM3) étant de retour à la maison, il est maintenant à mon tour de travailler pour qu’il soit prêt pour la première course de la saison, soit le Jamboree Extrême 4×4 de Lavaltrie le 4 mai 2019. J’en ai passé des heures à me questionner et à visualiser le tout pour savoir comment j’allais concevoir mon buggy. Chaque décision que je prenais avait une répercussion sur la prochaine.

C’est comme si tu avais une toile blanche devant toi et que tu devais créer quelque chose from stratch. J’en ai passé des nuits blanches à réfléchir à ce qui me restait à faire et à comment j’allais le faire. Je me suis aussi rendu compte que j’étais beaucoup trop perfectionniste et que j’allais devoir apprendre à choisir mes batailles et à en laisser passer. Le temps passait et je craignais de ne pas être en mesure de terminer à temps. Je peux vous confirmer que nous sous-estimons toujours le temps nécessaire lorsque l’on fait de la fabrication.

Pour être honnête avec vous, c’est moi qui me suis mis un deadline serré mais qui me semblait réaliste. Compte tenu de toutes les avaries qui peuvent survenir, au final c’est moi qui me suis imposé le stress de devoir finir à temps pour le début de la saison. Mais si je voulais tant y être, c’est que depuis plusieurs années, cet événement est devenu un événement familial pour moi. En effet,  ma famille immédiate qui vit à l’extérieur vient toujours m’encourager et je tenais absolument à être là en tant que participante.

Ce qu’il restait à faire …

Tout abord, j’ai commencé par concevoir l’habitacle, l’intérieur du véhicule. J’ai placé des tubes d’acier pour supporter le plancher. Mon but était de pouvoir sortir la mécanique en un seul morceau, soient le moteur, la transmission et le transfert case. Malgré que j’ai pris la peine de prévoir cela, lorsque j’ai finalement sorti la mécanique pour pouvoir finaliser de souder l’ensemble de la cage, j’ai eu des surprises. J’ai dû couper le support de transmission car celui-ci m’empêchait de parvenir à mes fins. Quand je vous dis qu’on peut bien tenter de prévoir l’imprévisible…

Ensuite, j’ai conçu à l’aide de carton un réservoir à gaz sur mesure, que j’ai amené à mon ami Dominic, celui qui a fait la première partie de mon buggy. Je lui ai amené afin qu’il reproduise le réservoir en aluminium. Entre temps, j’ai commandé toutes les pièces dont j’avais besoin pour fabriquer mon buggy. Encore là, quand tu penses avoir fini d’acheter tout ce qu’il te faut pour la construction, tu te trompes!  Il manque toujours quelque chose. On dirait que ça ne finit jamais. Encore là j’avais sous-estimé le temps et l’argent que cela pouvait prendre pour aller acheter toutes ces pièces, ces matériaux, etc…

Le grand jour arrive …

Une semaine avant le grand jour, je n’avais toujours pas de driving shaft installé, ni de ligne à brake. Le moteur avait déjà démarré mais aucun n’essai n’avait été fait. Il me restait mille et une choses à faire et il me manquait encore trop de trucs. Ce fût une semaine de fou où je n’ai pas beaucoup dormi. Jusqu’à 23h la veille de l’événement, j’ai travaillé afin que MM3 soit prêt. Mais j’ai finalement passé à travers de toutes les étapes requises pour avoir un buggy fonctionnel et en bonne et due forme.

Le jour J est enfin arrivé …

On y est, on est le 4 mai 2019, journée de la sortie de MM3.

Première fois que j’essaie mon nouveau buggy. Je ne peux pas vous cacher que la nervosité était au rendez-vous. Je n’avais  aucune idée comment ma nouvelle machine allait répondre sur la piste mais j’avais eu la chance d’être aidée par des amis, tout particulièrement par mon ami Dr Phil qui est dans le domaine depuis plus de 20 ans.

Première qualification, première fois que MM3 est sur la ligne de départ. En plus, ce qui est différent avec la compétition de Lavaltrie, c’est que nous coursons un contre un. Donc, nous étions deux sur la ligne de départ et le but était de terminer en premier. Comment te donner plus de stress! Déjà que je n’avais jamais conduit mon nouveau buggy, je devais courser contre un autre véhicule.

(Crédit photo: Sophie Savard)

(Crédit photo: Scoob Photographie)

Par chance, j’étais accompagnée de mon ami Steven Lamothe, lui aussi coureur dans la même catégorie que moi. Steven  a dû prendre une pause cette année car sont buggy demandait plusieurs réparations et faute de temps, il n’a pu le réparer. Steven a été d’un grand support. Il a su m’aider à garder le focus et il m’a dit que j’étais ici pour m’amuser et pour essayer mon nouveau buggy.

Notre stratégie?

On n’en avait aucune! On s’est dit qu’on allait laisser passer l’autre compétiteur (Steve Wiss) et le suivre afin de ne pas me mettre plus de pression et surtout de m’amuser. Finalement, mon buggy répondait tellement bien que j’ai suivi Steve de proche et que je devais ralentir à tout moment.

(Crédit photo: Frédérique Giroux-Reid)

(Crédit photo: Sylvain Tousignant)

(Crédit photo: Frédérique Giroux-Reid)

(Crédit photo: Scoob Photographie)

Par la suite arriva la deuxième qualification. J’étais au départ contre Francis Lamy, un compétiteur hors pair qui n’a pas froid aux yeux. Le drapeau tombe. Le gaz au fond, je circule sur les obstacles et j’arrive à l’endroit où il est possible de dépasser mon adversaire dans les bois. C’est alors que mon buggy heurte un arbre du côté droit. Un billot de bois parallèle à la piste m’a fait bifurquer lorsque ma roue droite passa du côté droit du billot et m’amena directement dans l’arbre. J’ai tout de suite su que mon buggy ne repartirait pas de son propre pouvoir. Entrer dans un arbre à 50 km/h, ça fait mal et ça laisse des dommages.


(Crédit photo: Sylvain Tousignant)

(Crédit photo: Scoob Photographie)

Les dommages collatéraux …

Je descendis de mon véhicule pour contempler les dommages. Pneus et jantes finis, direction arrachée, suspension croche, pans à l’huile et à transmission percées, bras de suspension arraché…  Je n’avais pas manqué mon coup. Je voyais tous les efforts que j’avais mis dans les derniers temps et j’étais complètement  découragée.

Lorsque j’ai vu mon ami Dr Phil qui m’a tant aidé, ça été plus fort que moi et des larmes se sont mises à couler. J’étais tellement fatiguée de ma semaine! J’avais travaillé si fort et je n’avais pas dormi pour être présente ce jour-là. Il a su me remonter le moral en me faisant remarquer que j’avais une méchante belle machine entre les mains et que je devais être fière de ce que j’avais accompli. Malgré tout, j’ai réussi à passer une superbe fin de journée avec ma famille et mes amis.

L’heure est venue de se réparer …

De retour à la maison, j’ai tout de suite commencé à travailler sur le buggy. J’avais quatre semaines devant moi pour me préparer pour la prochaine compétition, soit l’Xtrême 4×4 de Thetford Mines le 1er juin 2019. Encore une fois, j’ai terminé mes réparations la veille de l’événement.

Arrivée sur place, j’ai vu la piste qui avait changé par rapport aux années précédentes. Déjà qu’elle n’était pas facile, on avait augmenté le niveau de difficulté considérablement. J’ai parcouru le circuit pour une première fois avec mon copilote Steven et nous avons effectué un temps qui était plus que respectable.

Pour la deuxième et dernière course, nous avons fait une course presque parfaite. Les lignes étaient bonnes et les obstacles se franchissaient les uns après les autres sans embûche. Dès que nous avons eu terminé la course, nous savions que nous avions fait un excellent temps!

(Crédit photo: France Laflamme)

(Crédit photo: France Laflamme)

(Crédit photo: Phil Rousseau)

(Crédit photo: France Laflamme)

Premier podium pour MarieMulisha 3.0 …

Comme de raison, j’ai réussi à me classer en troisième position dans la grosse catégorie (pneus 39 pouces et plus). J’avais enfin réalisé un de mes rêves : mon premier podium avec MM3 mais aussi mon premier podium dans cette catégorie, sur l’une des pistes les plus difficiles de la saison. Cette fois-ci, j’ai eu une fin plus heureuse et mes efforts ont enfin été récompensés. Ce fût pour moi un moment que je n’oublierai jamais et je suis convaincue que ce ne sera pas le dernier podium sur lequel je monterai, grâce à MM3.

Finalement, pour ceux qui n’ont pas lu la première partie ou pour en savoir davantage sur mon projet MarieMulisha 3.0, suivez mes articles via ce lien : http://www.chicksandmachines.com/author/marie-mulisha/

Merci pour vos encouragements

Marie-Michèle alias MarieMulisha

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